Le temps s’étiole et les heures durent une éternité -

Et pourtant Serge arrive demain.
J’ attends, attends, et attends encore, paralysée par l’attente. L’envie de rien, juste d’avancer dans ce projet. L’esprit ne se libérera que lorsque Serge sera arrivé à La Réunion. En attendant, je ne suis pas contemplative, je n’ai pris aucun bain de mer, je n’ai aucune envie de visiter quoi que ce soit. Qui m’en empêche? Personne. Etrange sentiment que de me restreindre sans que cela me coûte. L’esprit ne lâche rien, je ne peux pas profiter et prendre du bon temps sans Serge . Et puis nous sommes toujours en état de vigilance, l’un et l’autre, l’un pour l’autre, un petit bout de conscience en état d’alerte, restant sur le qui-vive comme si il pouvait toujours se passer quelque chose d’inattendu, d’imprévu. Mais Serge avance, le point progresse. A 17H30, il était à 23 milles nautiques environ, du sud de l’Ile aux Nattes et ne voit toujours pas de relief. Il va se coucher « Je suis exténué » me dira t il. Son arrivée demain semble abstraite, il l’évoque à peine comme si cela n’était qu’un mirage qui n’existe pas.
Je n’accompagnerai pas Monika (fraîchement débarquée de l’avion ce matin) et René dans leur visite de l’Ile jusqu’au Nord.
Vous pourrez découvrir comme moi ce soir, les belles photos qu’ils ont rapportées de leur balade et franchement cela donne un goût de reviens-y. Je vous laisse juger par vous-mêmes les beautés de l’Ile.
En attendant, j’ai envie de reprendre du rythme, que les heures s’accélèrent et que Serge se transforme en Popeye qui rame en mode accéléré vers Olive après avoir ingurgité une boite d’épinards (comme dans le cartoon). Ne rêvons pas … trop et gardons le cap.

 

Anecdote: récupération ce jour auprès du bateau l’Ile Sainte Marie de la photo prise par l’équipage le jour de leur rencontre avec Serge, il y a déjà quelques jours.