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L’approche des Hautes Terres -

64,7km en 9H10
Un petit rectificatif concernant la nature si généreuse en fruits, légumes et eau dont j’ai parlé il y a quelques jours. Nous nous situons dans des régions où la végétation est prospère mais tel n’est pas le cas dans le sud de Madagascar, en dessous du tropique du Capricorne, région aride qui connaît la sécheresse. Dans cette partie de l’île, point de rizières, d’arbres fruitiers, pas d’eau. La famine existe dans cette partie sud de Madagascar, où les aides humanitaires sont plus concentrées qu’ailleurs. J’ai oublié qu’il ne fallait pas céder à la généralisation dans un pays qui fait 1500 km de long sur 500 km dans sa partie la plus large. Madagascar, pays sans frontières, puisqu’un insulaire a 5000 km de côtes.
Cette année, la capitale a également connu des inondations conséquentes, dues à des pluies incessantes lors du premier trimestre. Diverses ONG se sont mobilisées pour venir en aide aux populations sinistrées et lors de notre arrivée sur Tana, nous avons pu voir une multitude de tentes et abris de fortune qui jalonnaient la route.
La précarité des conditions de vie est bien réelle et les pouvoirs publics bien impuissants pour faire face à tous ces problèmes.

Vous verrez dans les photos du jour, de très belles photos de lémuriens, Monika, la chanceuse, a pu aller visiter la réserve naturelle de Perinet ( d’Andasibe) à 1 km au bord de la Nationale 2. Les réserves sont protégées et les animaux vivent en toute liberté. Celle de Perinet est l’une des plus visitées du pays de par sa proximité de Tananarive, outre les vasahas, les écoles, les malgaches de la capitale viennent visiter ce parc. Je vous laisse faire vos recherches pour me dire combien Madagascar abrite d’espèces de lémuriens qui ont chacun leur territoire géographique. Dans ce parc, il en existe 3 espèces, que vous pouvez découvrir en photos, dont le plus grand de Madagascar qui a la particularité de ne pas avoir de queue: l’Indri. Merci à Monika pour ces belles photos.

Serge…. il a rêvé hier toute la journée d’une plaquette de chocolat et son esprit a longtemps visualisé une vache violette. Nous en saliverions presque. Ce devait être l’effet Pâques.
Il a bien dormi et comme c’était compliqué de sortir pour aller aux toilettes, il a fait pipi dans une bouteille d’eau qui a servi de pot de chambre. Ce matin, plus d’un litre d’urine dans la bouteille, ce qui montre à quel point Serge boit et élimine!

Ce jour, les 25 premiers kilomètres furent difficiles d’autant qu’à 500 mètres du départ, une montée de 3,5% sur 7km annonçait une rude journée. Passage de plusieurs cols, dont un à 1000 mètres. La mer semble loin.

Après le 25 ème kilomètre, Serge m’expliquera qu’il a respiré profondément plusieurs fois en inspirant le « positif » la bonne énergie et expirant « la fatigue ». C’est un travail de sophrologie qu’il a fait tout en courant et cela a fonctionné. Il m’a avoué cela lorsque je lui ai annoncé que j’avais trouvé sa course plus détendue et décontractée, malgré un profil ardu.

Ce soir, nous logeons dans un petit hôtel de Moramanga qui a l’avantage d’avoir une douche chaude avec pression. La notion de luxe devient très relative et c’est un véritable luxe que d’avoir l’eau courante dans ces conditions, Serge savoure. Tout comme l’électricité qui chez nous nous permet d’avoir du froid: réfrigérateur, congélateur. Les voyages nous permettent de prendre conscience de la valeur des choses et de les savourer. C’est si simple chez nous, en France que nous ne pensons même pas que l’on peut vivre autrement et pourtant… Nous prenons avec plaisir ce qui vient, un gros fruit de la passion que nous dégustons sur le bord de la route, un sourire, une poignée de main et pendant ce temps, Serge trace sa route vers Tana, où l’arrivée est prévue jeudi. Nous allons rencontrer l’équipe d’Olivier de Malagasy Tours, le temps pour Monika de faire quelques images et de reprendre l’avion en direction de Paris.
En attendant demain dans le programme, une petite ascension de 10km à 6%!

Middleton attend Serge à Majunga – Livraison faite et il se porte bien.

Une video en ligne sur les sentiments de Serge après sa traversée de 12 jours en mer entre la Réunion et Madagascar.