Changement de pays ? -

60,7 km en 8H28′
Si nous sommes toujours à Madagascar, le paysage a littéralement changé. La nationale 4 se faufile en un fin ruban d’asphalte sur crêtes et à flan de colline. Aucun village sur le bord de la route mais au loin accessible par de petites pistes. Les collines et les vallons se succèdent à perte de vue. Les toits des maisons sont faits de petites tuiles ou de chaume. Quelques rares plantations en terrasse aussi bien organisées que les villages.
L’ethnie des Merinas peuplent les hautes terres. Les Mérinas sont une des 18 tribus qui s’étendent sur le territoire malgache. Chaque tribu avait son roi, sa reine. De nos jours, il existe des descendants royaux qui n’ont plus de réel pouvoir, si ce n’est de gérer les conflits entre clans et de promouvoir les us et coutumes ancestraux. Deux ethnies sont polygames dans le grand sud. Chaque ethnie garde son identité et pendant longtemps, les mariages inter tribus n’étaient pas concevables. Les temps et les moeurs changent et les malgaches circulent plus qu’avant avec l’avènement de la voiture. Le sang des tribus s’est mélangé.
Les français rentrent dans l’histoire malgache en 1885 et « la soumission » malgache aura lieu en 1895. La colonisation prendra fin en 1960. Mais la langue française demeure la langue officielle pour les discours et dans l’administration. Cependant entre 1975 et 1990, le président Dider Ratsiraka a procédé à une malganisation du pays, le français n’était plus enseigné dans les écoles et les villes furent baptisées de noms malgaches: exemple Tamatave s’appelle Toamasina. Dans la réalité, les noms francisés des villes sont toujours utilisés par les populations et le français est à nouveau enseigné dans les écoles.
Ce 11 avril 2015, un français traverse le pays d’est en ouest en courant et comme tous les matins, à 6H30 environ, la journée commence. Le temps de se dire au revoir et Momo, Bob et Tahina nous quittent pour rejoindre Tana. Nous poursuivons notre route avec le camion. Danz et Hassina pilotent et sont aux petits soins pour nous qui devenons des « enfants gâtés ». Danz, qui est en cure de remise en forme après un examen médical pas terrible : trop de tension, de cholesterol, de triglycérides, suit un régime de façon très sérieuse. Olivier lui a conseillé de courir tous les jours et son entraînement a commencé hier avec 5km, ce jour avec 8km et demain il projette de faire 10km. Quel rigueur et sérieux!
La fin d’étape sera assez pentue avec 300m de dénivelé sur 5km, je vous laisse calculer le pourcentage. Peu après la borne 459 (de Majunga ou Mahajanga), le campement est installé sur une vaste clairière à 1600 mètres d’altitude. Serge ne tire pas la langue mais en a plein les jambes et poussera un gros soupir en s’asseyant avant de manger une portion de riz et de jambonneau et d’aller à la douche. Puis vient le temps de la sieste, il ne dort pas mais se repose avant de dîner à 17H00, ce qui n’est vraiment pas l’heure malgache. A 18H00, il rejoint la tente pour la nuit, le réveil sonnera à 5H00. Comme dit Serge, j’ai besoin de dormir beaucoup et je sens que la récupération n’est plus la même qu’il y a quelques années.
Le vent aura été omniprésent cette journée avec quelques nuages et du soleil. L’air est maintenant plus sec. Nous croiserons une prochaine ville dans environ 226 km et peut-être Serge pourra t il voir le match PSG-Barcelone le 15 avril?
En attendant la route se poursuit en direction du nord-ouest sur la nationale 4.